L'écho de La Grave, une immersion VTT avec Big Bike Magazine
25 août 2026Ce récit à VTT, rempli de challenges, d’émotions mais aussi d’émerveillement et d’amitié, décrit les villages de La Grave et de Villar d’Arène de manière authentique et intense … et c’est exactement ça ! Vivez l’expérience en immersion totale !
3 jours d’aventure et d’immersion en VTT qui, à chaque fois, ont commencé au détour d’une conversation, par l’intermédiaire d’un(e) invité(e) mystère avec, toujours en toile de fond, la montagne pour ramener les pieds sur terre. Est-ce que ça ne serait pas ça au final les bons ingrédients pour créer des moments qui restent ancrés et pour vivre pleinement ? Après ces quelques lignes, nous laissons la parole (voire la plume) à Gaëtan et Morgan pour nous raconter tout ça !
La prémisse
Ce que je ne savais pas, c’est que je n’aurai pas la chance de revoir Guillaume. On a raté l’été 2024, aujourd’hui à regret, mais il était temps de revenir goûter l’esprit de La Grave pour un article au programme rocambolesque que Guillaume aurait sûrement aimé immortaliser et partager avec nous !
La découverte
C’est à cette occasion que Morgan a découvert les prototypes des snowboards conçus par Guillaume. Et, de retour quelques mois plus tard pour en essayer un de la première série, il a fini par se mettre au splitboard sur une ÂME.
Ce Breton d’origine, expatrié à La Grave, l’aimait beaucoup, cette montagne. Car, au fur et à mesure des passages, hiver comme été, les explications et les récits de Guillaume sur ce coin de montagne ont continué et ont créé une étape obligatoire à chaque passage dans le coin. Grand gaillard pas toujours loquace, un regard unique, une âme passionnée, une affection particulière pour le noir et blanc et le contraste, Guillaume nous a touchés et aura laissé sa trace. Depuis, être à La Grave a un autre goût forcément, mais il reste les souvenirs et l’accueil des locaux pour nous y rappeler.
L’esprit
de La GraveLa haute montagne et le freeride sont aussi bien présents dans l’esprit du village de La Grave. Des domaines où le risque est une variable permanente, alors forcément l’entraide prime chez ces irréductibles assoiffés de ride. Et ces passions se partagent avec ceux qui shape, comme l’association AVAG, ceux qui guident, comme Bruno the original guide, ceux qui en témoignent, comme Guillaume le faisait avec ses photos, celles et ceux qui accueillent, nourrissent et réchauffent ce petit monde au Gîte Le Rocher, et ceux qui les ambiancent comme ce grand chef d’orchestre du séjour qu’a été Sergio de Turbo Dancing !
Alors forcément, quand on a annoncé notre arrivée pour cet article sans Guillaume, tous ont répondu présents pour témoigner une fois de plus de cet esprit né de moments, d’amitiés et de rides partagés, hiver comme été, avec lui. Personne n’avait le temps et tous l’ont pris, et on a rencontré et retrouvé que des personnes prêtes à changer leurs plans pour nous et la mémoire de Guillaume.
“Alors à tous ceux de La Grave et des alentours, un grand merci des trois sudistes.”
Bruno
the GUY(de)Alors qu’on attend la rotation du téléphérique au petit matin, notre fixeur Magda nous dit que Bruno, un des local legends du téléphérique en VTT, est à son shop. Ni une ni deux, on monte se présenter et discuter des évolutions sur la face du téléphérique. Et là, ça a basculé : il reporte un encadrement pour se joindre à nous et nous faire le tour des passages à ne pas manquer. Le lendemain, par curiosité ou inquiétude, il se joint à nous avec Sergio pour le social military shuttle ride et nous faire profiter des sentiers entre Villar d’Arène et La Grave, bien plus smooth que ceux du téléphérique. Un peu de freeride, beaucoup de bonne humeur, et un retour obligé à son camp de base, le shop Original La Grave. Forcément, on a fait notre effort de guerre : T-shirt Bike La Grave et autocollant Original La Grave pour repartir avec le souvenir du village qu’on ne trouvera nulle part ailleurs. Bruno a été notre guide, mais surtout the Fall Guy !
The cable car
et ses itinérairesMais c’est aussi le terrain auquel il offre l’accès qui lui confère indirectement une part de sa réputation. En effet, une fois débarqué à la gare intermédiaire ou à l’arrivée du second tronçon, ce ne sont pas des pistes de bike park, mais plutôt cinq tracés au profil descendant qui s’offrent à vous. Ici, pas de surveillance des pistes par les bike patrols, pas de signalisation des obstacles ou de sécurisations à base de matelas sur les arbres. À l’image du domaine « hors piste » ayant fait la réputation des lieux l’hiver : le téléphérique vous remonte, à vous d’assurer votre cheminement jusqu’en bas. Pas de sauts obligatoires, pas de drops monstrueux ou de dalles de 20 m. Mais des tracés nécessitant une attention quasi permanente, et les conséquences de la haute montagne en autonomie à assumer en cas de casse, aussi bien physique que mécanique. Les traces existantes sont au nombre de deux en haut (3173 m) et cinq sur le bas (arrêt intermédiaire 2416 m). Les traces du haut sont extraordinaires au sens littéral.
La journée commence donc par un check mécanique la veille, du sommeil, un œil sur la météo et en avant !
Vers l’ouest, King Stone Road, déjà roulée en 2019 lors de notre premier passage ici, mais toujours aussi dantesque. Du flow dans un dédale de roches qui s’éclaircit au refuge Chancel. Déjà 600 m de dénivelé encaissé. On enchaîne ensuite avec du single assez minéral avant de partir sur un single terreux de prairie au niveau du lac. Physiquement, dur de continuer à attaquer, on est clairement dans la gestion. La fin se passe en enchaînement de sous-bois et de clairières, plus roulant et rejoignant les traces du bas jusqu’au village. Vers l’est, la nouveauté pour nous : « les valloins de la Meije ». Après un peu de schiste, on bascule directement dans les choses sérieuses avec un single bien exposé contre la roche. Quelques épingles en single schisteux pour faire grandir le suspense et vous voilà à l’entrée de la fameuse moraine. C’est donc les pressions des anciens glaciers qui vous offrent aujourd’hui ce single en crête, avec deux chutes de plusieurs dizaines de mètres de chaque côté. Le genre de tronçon qui s’apprécie vraiment une fois passé, en se retournant sur le parcours accompli. On finit avec toujours du single bien dense en obstacles, en retrouvant les pistes de 2400 m.
Bref, des deux côtés, quasi 1800 m de dénivelé négatif et quasi aucune portion sans un pilotage actif nécessaire. Du vélo de montagne taille La Grave. Et s’il vous en reste encore dans les bras, les cinq tracés du niveau intermédiaire sont toujours là pour vous finir.
La navette
TurbodancingC’est donc une authentique Jeep Willys qui est venue assurer la suite du téléphérique de La Grave pour ce séjour ! Après un chargement des bikes dans la remorque (d’origine également !) et un petit sirop de cassis (burgundy oblige) pour ne pas risquer l’hypoglycémie, direction le parking du lac du Pontet depuis le gîte Le Rocher.
Défilé digne de la Libération dans le village, salut de tous les anciens, puis sirène hurlante dans le tunnel, le convoi va bon train sauce Sergio.
La pente se fait plus prononcée et la route moins praticable, mais la mécanique est fiable. Après la montée, place à l’itinéraire enduro maison concocté par Bruno entre paysages à couper le souffle, singles techniques et sentier en balcon. Encore un beau travail d’équipe des locaux pour ce shuttle au véhicule inédit. Les images sont dans la boîte. On ne l’aura pas fait avec Guillaume, mais on l’aura fait un peu pour lui.
Sergio Major
Gîte le RocherDès votre arrivée sur le parking, un Coney Island montagnard où le second degré est le seul qui existe encore. On en a déjà vu beaucoup, mais il paraît que l’hiver, il existe un championnat du monde de curling à la casserole sur l’esplanade du gîte. Je crois qu’on repassera s’y engager en équipe, il paraît que la fondue géante qui l’accompagne est à ne pas manquer.
Serge, il est multi-casquettes — ou chapeaux, je ne saurais pas dire. Il est à la fois au gîte, pilote de Jeep Willys pour les navettes, musicien, animateur et programmateur de musique pour la radio pirate de la vallée et parfois au-delà… C’est donc à la fois l’électron libre, mais aussi le noyau qui a la faculté de réunir les gens, chaussé de Dr. Martens roses. Une aura bourguignonne particulière, imprégnée de cet esprit de La Grave. Alors forcément, les aléas des soirées ont légèrement perturbé nos plans, mais l’inattendu est forcément synonyme de Turbo Dancing !
Le Départ
Avant de prendre la route pour rentrer tard chez nous après deux jours épiques, nous étions conviés à une soirée musicale dominicale : Jeep Willys sur le parvis de l’église de Villar d’Arène, groupe de musique au maquillage soigné, d’autres montagnards de nos aventures passées étaient là pour partager ce moment, et Guillaume quelque part lui aussi. Les platines dans la benne de la Jeep de Turbo Dancing, pour un concert entraînant, le dernier moment suspendu hors de notre vie quotidienne, dont l’écho résonnera sur le chemin du retour.
Merci à Guillaume de nous avoir fait découvrir cette vallée il y a des années, merci à ceux qui nous ont aidés et accueillis spontanément pour une immersion au plus proche. Chaque passage à La Grave est synonyme de voyage, en crochet à la journée ou pour plusieurs jours, vous serez forcément marqué de votre épopée.
Texte : Rivieride – Photos : Gaëtan Riou