Dormir sous les étoiles, loin de l’agitation du quotidien, permet de se reconnecter à la nature… mais cela ne s’improvise pas ! Voici tout ce qu’il faut savoir pour bivouaquer sereinement dans les Hautes Vallées.

Que vous suiviez un itinéraire entre La Grave et la Clarée, que vous traversiez le massif du Thabor, que vous traversiez le GR 54 au cœur du Parc des Écrins, ou que vous relier la Clarée à l’Izoard, les Hautes-Alpes offrent certains des plus beaux spots de bivouac des Alpes françaises. Mais cette liberté s’accompagne de responsabilités : réglementation à respecter, impact environnemental à limiter, sécurité à anticiper.

Ce guide vous donne toutes les clés pour bivouaquer sereinement dans les Hautes Vallées.

Qu'est ce que le bivouac en montagne ?

Le bivouac, c’est l’art de passer une nuit en pleine montagne avec un abri léger et temporaire, souvent une tente qu’on ne monte uniquement à la tombée de la nuit pour la ranger aux premières heures du matin.
À ne pas confondre avec le camping sauvage, qui consiste à installer une tente, une caravane ou un camping-car pour plusieurs nuits au même endroit en dehors d’un camping, souvent interdit. Le bivouac est une pratique généralement tolérée lorsqu’elle est discrète, respectueuse et éphémère

Pour bivouaquer dans les Hautes Vallées en toute tranquillité, quelques règles simples permettent de concilier aventure et préservation des lieux :

  • Une seule nuit par site, pour limiter l’impact sur l’environnement et la faune locale.
  • Une tente légère, de petite taille (généralement sans possibilité de se tenir debout), installée à la tombée du jour (entre 18h et 19h) et démontée au lever du soleil (avant 9h).
    En cas de mauvais temps ou de conditions exceptionnelles, ces horaires peuvent bien sûr être adaptés pour garantir la sécurité du randonneur.
  • Etre à plus d’une heure de marche de toute route ou habitation 
  • Ramenez tous vos déchets, y compris restes de nourriture, papier toilette ou autres objets biodégradables.
  • Pour la vaisselle ou la toilette, rejetez l’eau usée à plus de 20 mètres des cours d’eau, lacs et zones humides.Essayez d’en utiliser le moins possible ou alors pas du tout et privilégiez les produits naturels. 
  • La baignade dans les lacs est interdite dans certains secteurs, notamment pour préserver la qualité de l’eau et les écosystèmes sensibles. Se renseigner avant de partir
  • Les feux de camp et barbecues sont interdits en montagne, cela évite la dégradation de l’écosystème environnant et prévient également des incendies.

L’idée essentielle : s’installer tard, repartir tôt, et laisser la nature telle qu’on l’a trouvée, voire plus propre encore.

Bivouac au lac des cordes - T.BLAIS (40) (1) © T.Blais
Bivouac en Clarée

Où puis-je faire un bivouac ?

Les Hautes Vallées regorgent de lieux magnifiques pour bivouaquer : alpages ouverts, replats en altitude, lacs d’altitude aux eaux cristallines… Les panoramas y sont souvent grandioses, et la sensation d’isolement total. Mais pour que la magie opère, il est essentiel de bien choisir son emplacement — un bon spot, c’est un équilibre entre sécurité, discrétion et respect des lieux.

La sécurité avant tout – Voici nos quelques conseils: 

  • Évitez les zones exposées : ne plantez jamais votre tente en bord de falaise, sur une arête ou sous des parois rocheuses sujettes aux chutes de pierres.
  • Fuyez les cuvettes et dépressions : elles peuvent devenir de véritables pièges en cas de forte pluie, avec un risque de stagnation d’eau.
  • Gardez vos distances avec les rivières : même un ruisseau tranquille peut gonfler brusquement après un orage, surtout en montagne.
  • Installez-vous dos au vent : cela vous offre un abri naturel et évite que la tente ne se transforme en voile de parapente.
  • Tendez bien votre toile : une tente bien fixée, c’est plus de stabilité et moins de bruit en cas de vent fort.

Confort et cohabitation : 

  • Choisissez un terrain plat, stable et légèrement en pente si possible, pour éviter que l’humidité ne s’infiltre sous votre tapis de sol.
  • Éloignez-vous des points d’eau (lacs, torrents…) : pour limiter l’humidité, le bruit nocturne… et ne pas déranger la faune qui y vient s’abreuver.
  • Respectez l’activité pastorale : ne bivouaquez pas à proximité des cabanes de bergers, ni au cœur des zones de pâturage. Les chiens de protection (patous) peuvent se montrer dissuasifs si vous approchez trop d’un troupeau.
  • Gardez un profil bas : évitez les crêtes visibles ou les zones fréquentées. Le bivouac est discret par définition. Le bivouac est discret par définition, l’enceinte restera bien évidemment au chaud dans la voiture, ça ferra ça de moins à porter

Un bon spot de bivouac, c’est celui qui vous offre un peu de confort, beaucoup de sérénité… et zéro trace après votre départ.

La réglementation spécifique au cœur du Parc national des Écrins : bivouac dans le Parc national des Écrins

Si vous prévoyez de passer la nuit à proximité d’un refuge, il est essentiel de vous renseigner en amont auprès du gardien, idéalement par téléphone. Chaque refuge a ses propres contraintes et son propre environnement naturel, les possibilités de bivouac peuvent varier fortement d’un site à l’autre.
Une fois sur place, présentez-vous au gardien : il pourra vous indiquer l’endroit le plus adapté pour planter votre tente, dans le respect des règles locales et de la tranquillité des lieux. Cette démarche est aussi un gage de bonne cohabitation entre randonneurs, gardiens, bergers et autres usagers de la montagne.

Dans certains refuges, vous pourrez profiter de services bienvenus : repas chauds, boissons, point d’eau potable, voire sanitaires. Cela peut transformer une nuit rustique en un moment de confort simple mais très appréciable.Pour le repas du soir, il faudra réserver en amont auprès du gardien

À savoir :
Tous les refuges n’autorisent pas le bivouac à proximité immédiate. Parfois, pour préserver la tranquillité ou par manque d’espace, vous devrez vous éloigner — jusqu’à une heure de marche minimum — pour trouver une zone adaptée.

En haute saison, les abords des refuges peuvent être très fréquentés. Pour éviter la sur fréquentation et préserver l’expérience de chacun, mieux vaut privilégier les spots plus isolés si votre autonomie le permet.

Les refuges des Hautes Vallées :

Voici un tour d’horizon des refuges emblématiques des Hautes Vallées, avec les conditions spécifiques de bivouac autour de chacun. Ces informations sont données à titre indicatif : pensez toujours à contacter les refuges directement pour des informations à jour.

Refuge Évariste Chancel – La Grave
  • Bivouac autorisé autour du refuge. Contactez les gardiens pour connaître les zones possibles. Accès à l’eau.
  • Restauration possible (dîner et petit-déjeuner) sur réservation.
  • Accès aux sanitaires contre consommation
Refuge Adèle Planchard – Villar d’Arène (Parc national des Écrins)
  • Bivouac réglementé selon les règles du Parc.
  • Emplacements à 20–30 min sous le refuge, quelques-uns à 5 min. Interdit sur la terrasse ou la DZ.
  • Toilettes du refuge accessibles aux bivouaqueurs (fortement recommandé).
  • Restauration possible (dîner et petit-déjeuner avant 7h30), sur réservation et selon disponibilité.
  • Point d’eau au torrent, à 5 minutes en direction du glacier.
Refuge du Pic du mas de la Grave – La Grave
  • Bivouac accepté proche du refuge sous réserve d’emplacements disponibles (réservation possible). Nombreux emplacements libres à 3min du refuge. Si tente proche du refuge = respecter les horaires « sonores » du refuge : pas de bruit entre 22h et 7h
  • Participation de 3 €/personne/nuit pour l’accès à l’eau et aux toilettes sèches extérieures.
  • Douches disponibles (2 €/jeton, de 15h à 22h).
  • Repas (soir à 19h en extérieur, petit-déjeuner de 7h à 8h30) sur réservation uniquement. Pas de CB : prévoyez chèques ou espèces.
Refuge de l’Alpe et refuge Chamoissière – Villar d’Arène
  • Bivouac possible en dehors de la zone protégée (de l’autre côté du parc anti-vaches). Une zone bivouac est stipulée avec un panneau à 40m des refuges.
  • Obligation de ramener ses déchets (rien ne doit être laissé sur place ni donné au refuge).
  • Refuge de l’Alpe :
    • Restauration sur réservation (repas, petit-déjeuner, pique-nique).
    • Eaux et sanitaires extérieurs accessibles : venir se présenter au refuge et participation libre et 2€ pour la douche
  • Refuge Chamoissière :
    • Boissons et desserts possibles jusqu’à 21h.
    • Douches payantes accessibles en fonction du remplissage du refuge
    • Fontaine d’eau devant le refuge
Refuge du Goléon – La Grave
  • Bivouac autorisé, mais la tente doit être installée à distance du refuge.
  • Sanitaires accessibles hors horaires de pointe (fermés aux bivouaqueurs de 18h à 21h et de 7h à 10h).
  • Repas (soir, petit-déjeuner, pique-nique) sur réservation, uniquement pour les randonneurs en itinérance.
Refuge du Pavé – Villar d’Arène (Parc national des Écrins)
  • Bivouac possible, autour du refuge ou plus loin (zone minérale, pas d’emplacements précis).
  • Participation de 2 €/personne pour l’usage des commodités.
  • Respect des horaires de bivouac en zone cœur de parc (installation après 19h et départ avant 9h).
Refuge Terzo Alpini – Vallée Étroite
  • Bivouac possible dans le pré du refuge (5–6 tentes maximum).
  • Toilettes accessibles à l’extérieur.
  • Emplacement gratuit si consommation au refuge.
  • Repas, petit-déjeuner et pique-nique sont possibles sur réservation.
Refuge I Re Magi – Vallée Étroite
  • Bivouac autorisé à proximité (6 tentes max) sans réservation.
  • 5 €/personne pour accès aux douches et toilettes.
  • Restauration possible (dîner, petit-déjeuner, pique-nique) sur réservation
Refuge Ricou – Névache
  • Bivouac interdit à proximité du refuge du 1er juillet au 31 août.
  • En dehors de cette période, contactez le gardien pour plus d’informations.
Refuge de Buffère – Névache
  • Bivouac interdit aux abords immédiats du refuge (pas de place disponible). Sanitaire et restauration du soir et du matin non accessible.
Refuge de Laval – Névache
  • Bivouac interdit près du refuge, en raison d’un arrêté municipal.
  • Camping situé à 4 km en aval du refuge.
Refuge des Drayères
  • Un arrêté municipal interdit le bivouac dans un rayon de 500m autour du refuge pour préserver les zones humides Natura 2000 et préserver la flore et les habitats naturels.
Refuge du Chardonnet
  • Bivouac autorisé et sur réservation pour 6 personnes maximum (emplacement gratuit et formule avec repas du soir, petit déjeuner et accès aux sanitaires) : Réservez à partir de 35€
  • Au delà des 6 places, bivouac interdit à moins de 500m du refuge

Préparer son bivouac

avant le départ, préparer et s'informer

Pour profiter pleinement de votre nuit en pleine nature, un minimum de préparation s’impose. Bien s’équiper, c’est garantir un bivouac confortable, sécurisé… et respectueux de l’environnement.

Avant de partir :

  • Planifiez votre itinéraire et repérez les zones propices au bivouac.
  • Renseignez-vous sur la réglementation locale : certains secteurs ont des restrictions spécifiques.
  • Consultez la météo : éviter les nuits sous l’orage ou dans un vent violent, rendra l’expérience bien plus agréable.
  • Testez votre matériel à l’avance : montez votre tente une fois chez vous, vérifiez votre réchaud et assurez-vous que tout fonctionne correctement.profiter pleinement de votre nuit en pleine nature, un minimum de préparation s’impose. Bien s’équiper, c’est garantir un bivouac confortable, sécurisé… et respectueux de l’environnement.

 

Bivouac au lac des Cordes © T.Blais
Bivouac dans les Hautes Vallées © T.Blais
Le matériel nécessaire pour le bivouac
Le matériel indispensable à glisser dans votre sac :

Pour bien dormir :

  • Tente légère, adaptée au bivouac et aux conditions météo.
  • Matelas isolant pour vous protéger du froid et améliorer le confort. Vérifier la R-Value, une classification d’isolation allant de 0 (très peu isolant) à 6 (très isolant), de son matelas. De plus, l’isolation de son matelas gonflable peut être améliorée en ajoutant en dessous un matelas en mousse.
  • Sac de couchage adapté à la saison : en montagne, les températures peuvent chuter sous 0°C même en été.
  • Sac à viande (drap de sac) : ajoute quelques précieux degrés de chaleur et protège le duvet.

Pour bien manger :

  • Réchaud portatif + gaz
  • Popote légère : casserole, couvercle, paravent, couverts, et un couteau multifonction.
  • Gourde + système de filtration ou pastilles purifiantes : les sources fiables ne sont pas toujours proches. Repérez les points d’eau en amont et loin des troupeaux.
  • Alimentation : privilégiez les aliments secs, énergétiques, compacts. Les plats lyophilisés sont une excellente option : légers, rapides à préparer, et nourrissants.Pour une version zéro déchet, préparez le vôtre, la semoule et les flocons d’avoine seront vos meilleurs amis.

Pour rester au chaud (et au sec) : 

  • Sous-vêtements techniques (haut + bas)
  • Polaire pour l’apport thermique
  • Doudoune (en synthétique ou duvet)
  • Veste coupe-vent et imperméable
  • Bonnet, gants, et tour de cou : essentiels même en été en altitude

Pour la sécurité et l’orientation : 

  • Carte IGN et boussole, ou GPS de randonnée
  • Lampe frontale chargée ou avec des piles de rechange
  • Trousse de premiers secours
  • Téléphone chargé 
  • Protection solaire : chapeau, lunettes, crème
  • Si vous partez plusieurs jours, une batterie externe pourra vous permettre de recharger les batteries de vos objets électroniques et être autonome.

Et pour respecter la nature : 

  • Sac poubelle pour repartir avec tous vos déchets
  • Savon biodégradable pour la toilette

Code du randonneur responsable

Bivouac au sommet du Thabor © T.Blais

Après l'expérience : partager avec responsabilité

Les contenus postés sur les réseaux sociaux peuvent générer des centaines de visites par la suite. Partager son expérience sur les réseaux sociaux implique une vraie responsabilité car tout contenu attractif attire d’autres bivouaqueurs après soi, il est donc essentiel de communiquer les bonnes informations.

Votre responsabilité : encourager à adopter des pratiques respectueuses (environnement, sécurité) tout en invitant à s’émerveiller de la nature.

Communiquez les bons gestes, la bonne préparation et des informations à jour.

Évitez la géolocalisation précise, afin de préserver les lieux.

Les photos doivent respecter la réglementation et ne pas inciter à des démarches négatives : circulation hors sentier, déplacements de pierres, comportements dégradant les lieux…

le blog

Vous aimerez aussi

Rider l’intégralité des itinéraires VTT de La Grave : Pari réussi signé Fabien Dupuis et Simon Masi

Rider l’intégralité des itinéraires VTT de La Grave : Pari réussi signé Fabien Dupuis et Simon Masi

Voir plus
Voyage vers les sommets de La Grave

Voyage vers les sommets de La Grave

Voir plus
À la recherche d’indices du patrimoine militaire avec Nicolas Izquierdo

À la recherche d’indices du patrimoine militaire avec Nicolas Izquierdo

Voir plus
Une semaine entre amis l'été à La Grave

Une semaine entre amis l'été à La Grave

Voir plus
10 Bonnes raisons de choisir la Grave l'hiver

10 Bonnes raisons de choisir la Grave l'hiver

Voir plus