Vous avez sans doute déjà croisé ces buissons hérissés de piquants, qui se parent de fleurs délicates au printemps et de petites baies rouges à l’automne. C’est l’églantier, aussi appelé rosier sauvage. Et ses fruits, les cynorrhodons, ou « gratte-cul » sont de véritables pépites naturelles et cachent une pulpe délicatement acidulée que l’on peut transformer en confiture, en sirop ou encore en infusion.

Alors, tout est vraiment bon dans l’églantier ? Presque ! Il faut surtout savoir comment préparer ses fruits.

Le cynorrhodon,

c’est quoi exactement ?

Le cynorrhodon est le fruit de l’églantier (Rosa canina). On le repère facilement en automne grâce à ses petites baies rouges, parfois ovales, parfois plus rondes. Derrière son aspect modeste se cache une richesse insoupçonnée. Le cynorrhodon est notamment connu pour sa richesse en vitamine C et pour les composés antioxydants qu’il contient. Mais ce qui fait aussi toute sa particularité, ce sont les petits poils présents à l’intérieur du fruit.

C’est d’ailleurs de là que vient son surnom de « gratte-cul » ou « poil à gratter » : ces petits poils peuvent être très irritants et doivent impérativement être retirés avant de consommer le fruit.

Autrefois, on en faisait déjà des tisanes, des sirops et même des remèdes pour renforcer l’organisme en hiver.

Névache, epinette vinette, automne 2025 ©L.fine (9) © L.Fine
Névache, epinette vinette, automne 2025 ©L.fine (15) © L.fine

Quand récolter le cynorrhodon ?

La meilleure période pour cueillir les cynorrhodons s’étend entre octobre et novembre. Il faut attendre les premières gelées de l’automne : le froid ramollit la chair et atténue l’acidité, ce qui les rend encore plus agréables à préparer.

Quelques conseils pour la cueillette
  • Choisissez des fruits bien rouges, mûrs et légèrement souples.
  • Lors de la récolte, armez-vous de patience… et de bons gants ! Les épines de l’églantier savent se faire sentir.
  • Évitez de cueillir au bord des routes ou dans des zones susceptibles d’avoir été traitées.
  • Ne prélevez que ce dont vous avez besoin.
  • Et surtout, laissez une partie des fruits sur les branches : en hiver, ils constituent une ressource précieuse pour de nombreux oiseaux et petits animaux.

La cueillette sauvage, c’est aussi cela : prendre un peu, et laisser beaucoup.

Comment préparer les cynorrhodons ?

C’est ici que les choses deviennent un peu plus minutieuses.

À l’intérieur du cynorrhodon se cachent de petites graines entourées de poils très fins. Ces fameux “poils à gratter” ont amusé bien des enfants, mais dans l’assiette ils sont plutôt désagréables, voire irritants. Mieux vaut donc les enlever soigneusement avant toute préparation.

La méthode classique :
  • coupez les extrémités : retirez la petite queue et les restes de la fleur.

  • Rincez soigneusement les fruits.
  • ouvrez les fruits et retirez graines et poils.

  • Rincez à nouveau avant de les cuisiner.

Pour les préparations comme la confiture ou le sirop, une autre méthode consiste à faire cuire les fruits puis à filtrer soigneusement la pulpe à l’aide d’un moulin à légumes ou d’un tamis fin.

Un peu de patience est nécessaire… mais c’est le prix à payer pour profiter de cette petite gourmandise sauvage !

Baie d’églantier / cynorrhodons © Fabien Dupuis © F.Dupuis

3 recettes d'automne à base de Cynorrhodons

Une fois les fruits récoltés et préparés, place à la cuisine !

Le cynorrhodon possède une saveur naturellement acidulée qui se prête particulièrement bien aux préparations sucrées.

Baie d’églantier © Fabien Dupuis © Fabien Dupuis
La confiture de cynorrhodons

Une recette traditionnelle, parfaite pour prolonger les saveurs de l’automne jusqu’au petit-déjeuner.

Ingrédients :
  • Des cynorrhodons
  • De l’eau
  • Du sucre : environ ¼ à ½ du poids de la pulpe, selon vos goûts
Préparation :
  • Enlever les restes de la fleur et la queue.
  • Rincer, couvrir d’eau et faire bouillir env. 30 min. jusqu’à ce qu’ils soient bien tendres.
  • Faire passer au presse purée / moulin à légumes pour enlever les poils à gratter, une fois avec une grille à gros trous et une fois avec une grille fine.
  • Rajouter le sucre, ¼ ou ½ du poids des cynorrhodons, selon votre goût. Refaire bouillir quelques minutes.
  • Mettre tout de suite dans des pots de confiture stérilisés et encore chauds. Une fois fermé, retourner le pot et le laisser quelques minutes pour créer le vide.

Astuce : en ajoutant un peu d’eau à cette purée de cynorrhodons, vous pouvez également obtenir un jus acidulé.

Confiture d’églantier © Fabien Dupuis © Fabien Dupuis
Confiture d’églantier © Fabien Dupuis © Fabien Dupuis
Sirop de cynorrhodons

À verser sur un yaourt ou un fromage blanc, à diluer dans de l’eau ou simplement à déguster pour retrouver le goût de l’automne.

Ingrédients :
  • 1 litre de cynorrhodons
  • 1,25 l d’eau
  • 100 à 150 g de sucre
Préparation :
  • Enlever les restes de la fleur et la queue et rincer soigneusement.
  • Faire bouillir jusqu’à ce que les cynorrhodons soient ramollis.
  • Presser dans un torchon pour enlever les poils à gratter.
  • Refaire bouillir le jus avec le sucre. Laisser bouillir à feu doux env. 15 min en écumant de temps à autre. Verser dans une bouteille en verre stérilisée.
  • Conserver au frigo.
Sirop de cynorrhodons
baies d’églantier
Infusion de cynorrhodons

Le cynorrhodon peut également être séché puis utilisé en infusion.

Après avoir retiré les restes de la fleur et la queue, rincez les fruits puis faites-les sécher entiers ou coupés en deux, au four à basse température ou dans un déshydrateur.

Une fois secs, conservez-les dans un récipient hermétique.

Pour préparer votre infusion, utilisez quelques fruits séchés et laissez infuser une dizaine de minutes. Filtrez soigneusement avant de boire, afin de retenir les éventuels petits poils et résidus.

Des recettes anti-gaspillage

L’églantier est généreux, alors autant le rester aussi !

Rien ne se perd dans le cynorrhodon ! Une fois les fruits vidés, vous pouvez faire sécher les restes, les réduire en poudre et les incorporer à une pâte à pain ou à des biscuits. Cela apporte une petite touche acidulée et vitaminée tout en limitant le gaspillage.

Et si vous manquez de temps pour tout utiliser, pas de souci : la nature a tout prévu. Les oiseaux et petits mammifères raffolent eux aussi de ces baies rouges, qui deviennent pour eux une précieuse réserve d’énergie en plein hiver.

Pour en savoir plus sur ce régime hivernal parfois bien frugal, découvrez notre article :

Faune sauvage – survivre à un hiver enneigé.

Chamois qui mange des baies d’églantier © Denis Fiat Parc national des Ecrins
©Denis Fiat Parc national des Ecrins
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