Ma première fois en snowkite au col du Lautaret
19 décembre 2025Ma première expérience de snowkite au col du Lautaret : quand le vent devient guide et les montagnes, un terrain de liberté !
…Quand le vent devient guide…
Il y a des lieux qui ne se traversent pas.
Ils vous arrêtent. Ils vous regardent. Et parfois, ils vous invitent à rester un peu plus longtemps que prévu.
Le col du Lautaret fait partie de ceux-là.
Ce matin-là, le vent est discret mais présent. Il traverse l’espace, s’engouffre partout, fait vibrer le silence en toute transparence. Je suis venu pour vivre ma première expérience de snowkite, accompagné par l’école Wayra SnowKite.
Je ne sais pas encore très bien ce qui m’attend. Et, honnêtement, ça m’arrange.
petit avant goût en vidéo
Visionnez notre retour d’expérience en vidéo
Comprendre et apprendre à écouter le vent
Avant de glisser en snowkite, il faut comprendre. Comprendre le vent, surtout. Celui qu’on ne voit pas mais qui décide de tout.
Rodolphe nous accueille au café des Glaciers. On s’installe au chaud, les mains autour d’un café. Devant sa maquette, il parle calmement. Il prend le temps. Il nous explique comment le vent circule, comment la voile réagit, comment une mauvaise zone de vent peut tout changer pour faire voler la voile, la limite de zone à atteindre pour rester en sécurité…
Trois zones de puissance structurent l’apprentissage :
– la zone de puissance faible,
– la zone de puissance intermédiaire,
– et la zone de puissance maximale – celle qu’il vaut mieux éviter.
Tout semble clair, presque trop simple sur le papier.
Premiers gestes, premières sensations
Vient ensuite la pratique.
Nous sortons derrière l’hôtel pour un premier contact avec le matériel. Les kites sont déroulées sur la neige. On observe les drapeaux, les nuages, la texture de l’air. Ici, le vent n’est pas un obstacle : c’est un langage. Et peu à peu, on apprend à l’écouter.
Les gestes sont précis, presque méditatifs. Gonfler l’aile, la positionner, attendre le bon moment.
Le cœur s’accélère. Pas de manière violente, plutôt comme une alerte discrète : « reste concentré ».
Le cœur s’accélère. Pas de manière violente, plutôt comme une alerte discrète : reste concentré.
Le premier envol en snowkite… Là où le vent décide
Pour faire voler la voile, on monte un peu plus haut, en direction du col du Galibier. Une quinzaine de minutes à pied. Le vent est capricieux aujourd’hui. C’est ici qu’il a décidé de se montrer.
Je sens l’appréhension arriver.
Je doute. Beaucoup.
La puissance de la voile, la coordination des gestes, la peur de mal faire. Pour l’instant, je travaille sans les skis. Juste la voile, le vent, Rodolphe et moi. Rien d’autre.
Puis, progressivement, les gestes deviennent plus sûrs. Le corps enregistre.
Skis aux pieds
Puis vient le moment de chausser les skis.
L’aile se lève.
Le vent prend.
La traction arrive, franche mais étonnamment douce.
Les skis glissent.
Ce n’est pas spectaculaire. Ce n’est pas fluide. Mais c’est réel.
Je ne contrôle pas tout. Loin de là. Le vent tire, parfois trop. Je résiste. Je me crispe. Puis, doucement, j’apprends à céder un peu. À ne pas lutter. À accompagner.
Et là, quelque chose change.
Je glisse. Vraiment. Le massif de la Meije se dessine devant moi. Le paysage est immense. Presque trop pour être saisi d’un seul regard. Mon corps alterne entre tension et relâchement. Et sans m’en rendre compte, je souris.
Je ne m’envole pas.
Mais je comprends pourquoi certains parlent de sensation de liberté.
Se sentir minuscule et pleinement vivant
Au Lautaret, on se sent petit, entouré des géants des Écrins. Et c’est précieux.
Le snowkite ne consiste pas seulement à glisser. Il oblige à être présent, à s’adapter, à faire confiance, à la montagne, au vent et surtout à ceux qui nous guident.
Chez Wayra, école de snowkite, rien n’est brusqué. On nous laisse le temps. Le temps de tomber. De rire. De douter. De recommencer. D’essayer. On progresse sans s’en rendre compte, porté par un cadre rassurant, fun et ludique.
Entre deux bords, je m’arrête. Je regarde autour de moi. Le vent continue de chanter, les ailes colorent le ciel et je me dis que certaines expériences marquent parce qu’elles nous reconnectent à quelque chose de très simple : le mouvement, l’espace, le souffle.
Aujourd’hui, je suis sorti de ma zone de confort en tentant une nouvelle expérience qui me paraissait hors de portée. Finalement, après une heure de théorie et un peu plus de pratique, j’ai réussi à me laisser porter par le vent.
Repartir, mais autrement
Quand vient le moment de plier les ailes, j’ai les joues rougies par le froid et le soleil ,l’esprit étonnamment calme. Le corps fatigué, oui, mais je sais au fond de moi que c’est de la bonne fatigue.
Je repars du col du Lautaret avec plus qu’une nouvelle pratique découverte.
Je repars avec une sensation d’ouverture.
Comme si le vent avait déplacé quelque chose, à l’intérieur aussi.
Ce n’était qu’une première fois.
Mais je sais déjà que ce ne sera pas la dernière.