La nature se réveille
12 juin 2025Les marmottes se réveillent. Les lacs dégèlent. Les fleurs éclosent. C’est un spectacle à ne pas rater au printemps, celui de la renaissance de la nature après un hiver en dormance.
À chaque saison son rythme
Au printemps, c’est l’explosion de couleurs, de parfums, de vie. Les premiers signes ? L’arrivée des « perce-neige », le surnom donné aux fleurs qui commencent à éclore sous la neige. C’est le cas des soldanelles (photo 3 ci-dessous).
« Elles semblent prostrées car elles ont poussé avec le poids de la neige sur leur tête » commente Alain Tallaron, guide de haute montagne. Sans oublier les crocus, dont les champs des vallées sont tapis à la sortie de l’hiver.
En hiver, la végétation s’endort pour un temps, elle reprend des forces pour déboucher sur cette période-là. Le printemps, c’est l’explosion de ces énergies !
Des sifflements s’entendent au loin. En mai, fini l’hibernation, les marmottes sortent de leur terrier. C’est l’animal le plus visible lors des randonnées printanières.
Si certaines semblent se prélasser au soleil, ce n’est qu’illusion : les marmottes sont sur le qui-vive constamment pour se prévenir des prédateurs. « Dès que survient un danger, elle prévient la colonie par des cris d’alarmes. Un cri bref pour l’aigle qui surgit brusquement, des cris répétés pour un danger plus éloigné, le renard… ou l’homme » explique le Parc national des Écrins.
Le printemps, c’est aussi la saison des naissances pour certaines espèces de la faune locale. « Les marmottons, deux à six par portée, naissent début juin mais restent d’abord bien à l’abri dans le terrier. Tu peux les observer en train de jouer en été » continue le Parc national des Écrins.
lac en dégel
En hiver, une couche de glace épaisse de 50 à 80 cm se forme à leur surface. Au printemps, les températures remontent entraînant alors la fonte de cette couche épaisse, le dégel des lacs d’altitude offre un spectacle saisissant entre contraste et authenticité.
On a tendance à s’arrêter à ce que l’on voit. Alors oui, c’est très beau les fleurs, j’adore ça aussi, mais il faut essayer d’aller plus loin que ça. Il faut sentir ce qu’il y a derrière la floraison.
comprendre l'environnement
Pour mieux comprendre l’environnement en plein effervescence qui nous entoure, la meilleure option est de partir accompagné.
Spécialisé, et surtout passionné par la flore sauvage, Alain Tallaron sera notre guide pour la journée. Il nous confie sa vision de la montagne.
Visionnez notre vidéo ci-contre.
à chaque étage son éco-système
Lors d’une randonnée dans les Hautes Vallées, le paysage change au fil de la montée. Et pour cause. Il existe différents écosystèmes selon l’altitude. Le printemps, époque de la floraison, est la meilleure saison pour observer ces strates.
« La richesse de la flore alpine, c’est qu’on trouve vraiment toute sorte de chose à tous les niveaux, pour chaque état d’âme et chaque condition physique. Il y a plusieurs étages. Les ancêtres des plantes potagères (chou, épinard, fenouil…) [voir vidéo ci-dessous] se trouvent principalement à l’étage montagnard, entre 1 000 et 1 800 mètres d’altitude. Après, on passe à l’étage alpin où on va trouver d’autres plantes qui seront plus aptes à préparer une tisane, ce qu’on appelle les plantes médicinales, comme la valériane (photo ci-contre) qui est un très bon sédatif » dévoile Alain Tallaron.
le saviez-vous ?
D’où viennent les légumes de notre potager ? De la montagne ! Les ancêtres des légumes sont… les fleurs alpines !
Les explications en vidéo.