Rider l’intégralité des itinéraires VTT de La Grave : Pari réussi signé Fabien Dupuis et Simon Masi
12 septembre 2025Rédaction Prune Vellot
Dimanche 24 août, toutes les conditions étaient réunies pour que les moniteurs de vélo Fabien Dupuis (également ambassadeur des Hautes Vallées) et Simon Masi, enchaînent l’ensemble des itinéraires VTT de La Grave – La Meije, soit 9 600 mètres de dénivelé négatif, dans la journée. Un défi qui, a priori, n’avait encore jamais été relevé, comme en témoigne Bruno Florit, figure locale du VTT freeride, qui les a aidés dans ce projet un peu fou. Retour sur cette aventure sportive et humaine.
Il n’y a pas d’autres endroits en France comme celui-ci. C’est assurément ma plus belle journée de VTT de l’année.
Tout a commencé en 2024. Fabien profite d’une belle journée d’été pour venir rouler à La Grave avec un copain. Un café et cinq descentes plus tard, il se dit qu’avec un peu d’entraînement et de repérage, il doit être possible d’enchaîner les huit itinéraires aujourd’hui référencés sur le domaine des téléphériques des Glaciers de la Meije. Il prend conseil auprès de Bruno, qui a largement contribué à leur développement et y guide très régulièrement des clients. « Pour moi, il y avait deux éléments majeurs à prendre en compte : le timing, qui est imposé par le téléphérique et qui peut être impacté par la fréquentation et par de la casse mécanique, et la fatigue. Il faut avoir la caisse pour tenir le guidon sur 9 600 mètres de dénivelé négatif en terrain montagne », explique le « captain » de Bike La Grave. Son avis ? Prendre la première benne avec les alpinistes et de commencer par les deux itinéraires qui partent de la gare des Ruillans (King Stone Road et Les Valloins de La Meije), puis de terminer par le Retour du Roy, qui est plus long.
L’art et la manière
Ces infos en poche, plus quelques autres sur les conditions du moment, Fabien appelle Simon, partenaire fidèle de ses projets estampillés vélo de montagne. Est-ce qu’il est partant pour tenter l’intégrale des itinéraires VTT de La Grave à la journée ? Bien sûr ! « Je n’avais jamais roulé à La Grave, même si j’en avais beaucoup entendu parler et que j’avais très envie de découvrir le VTT sur un tel domaine d’altitude », indique celui-ci. Toutefois, entre blessure et emploi du temps chargé, les deux larrons ont du mal à trouver un créneau commun. Il leur faut faire l’impasse sur le repérage prévu et se lancer directement dans l’aventure…
Dimanche 24 août 2025, à 7 h 30, ils sautent dans la première benne avec les alpinistes. « Arrivés à 3200, nous n’avons pas enfourché immédiatement nos vélos. Nous nous sommes imprégné de l’énergie du lieu et de la beauté du paysage, raconte Fabien. Au lieu de nous échauffer, nous avons contemplé. L’échauffement, nous l’avons fait dans la première descente… Et la première partie de King Stone Road nous a littéralement bien chauffés ! Nous avons dû faire deux pauses avant le refuge Chancel pour enlever des vestes. » Il faut dire que cette partie de l’itinéraire est particulièrement trialisante.
Dans la roue du « captain »
Ils enchaînent ensuite avec Les Valloins de La Meije et leur délicate moraine, qui s’érode vite et offre peu de grip, mais qui se déroule dans un majestueux décor minéral, puis avec Petits Vallons, « plus cassant pour les bras ». À midi, Bruno profite de sa pause déjeuner pour faire deux rotations en leur compagnie et prendre le lead. L’occasion d’apporter « la patte du guide local ». « Je n’aurais pas pu faire l’intégralité avec eux, confie-t-il. Mais c’était cool de faire le lièvre sur deux runs. Je les ai accompagnés sur Chavala et AVAG One, leur faisant prendre des lignes hors balisage pour qu’ils puissent gagner du temps. »
Outre le défi sportif, c’est l’humain qui rassemble ces trois-là. Chaque remontée leur permet d’échanger sur leur pratique et leur métier. Simon, qui a été le formateur de Bruno, se réjouit de ces moments partagés : « Par sa présence, Bruno a contribué à rendre cette journée parfaite. Non seulement parce que c’est une personne attachante, mais aussi parce qu’il connaît le domaine comme sa poche. C’était super agréable de se mettre dans sa roue et de le suivre en toute confiance. C’était aussi une façon pour moi de prendre toute la dimension de ce que mon ancien stagiaire avait construit avec son diplôme et de voir comment il encadrait dans un milieu si particulier. Ce sont les gens qui font les territoires. Et des personnages comme Bruno et Fab, qui sont amoureux de l’endroit où ils vivent, sont incontournables. »
Du VTT élitiste
Mais la journée ne s’arrête pas là pour Fabien et Simon. Trois descentes les attendent encore. Ils enchaînent Desoutter, qui a été nommé ainsi en hommage à Romain Desoutter, l’un des pionniers du VTT à La Grave, et Côte Fine. « Ça a été nos deux plus beaux runs, se souvient Fabien. Nous avons roulé propre, efficace, sans pause. Entre les deux, je suis quand même allé trouver Guillaume sur le quai du téléphérique à La Grave pour négocier cinq minutes de rabe, au cas où nous ne soyons pas dans les temps. Il était confiant, mais il m’a rassuré. Il nous donnerait un coup de pouce si besoin. »
Encouragés par Bruno qui, depuis la terrasse de son shop Original La Grave, crie « Allez les gars ! Plus qu’une ! », Fabien et Simon attrapent en temps et en heure la dernière benne, qui leur permet de rider l’ultime itinéraire du domaine : le Retour du Roy. « Nous n’avons pas été très performants sur cette dernière descente, euphémise Fabien. Mais je suis très content que nous ayons réussi à rallier l’arrivée, chez Bruno, sans casser ni les machines, ni les bonshommes. D’une certaine manière, je suis aussi fier de notre stratégie, qui reposait sur notre gestion de l’horaire. »