Le ski de rando pour explorer le printemps dans tous ses Écrins
17 mars 2026L’heure, mesdames et messieurs, n’est pas encore venue de ranger les skis au placard, mais bien de profiter de « l’hiver indien made in Écrins » et de ses conditions printanières. En bref : dernières conversions de la saison et neige « moquette » au programme !
Ski de randonnée au printemps
C’est la période idéale pour les raids à ski et l’ouverture des refuges. Au printemps, les gardiens des Écrins regagnent leurs quartiers d’altitude. Les refuges de l’Alpe de Villar d’Arène, de Chamoissière, du Pavé et d’Adèle Planchard vous accueillent pour des nuits confortables et des journées mémorables.
l’hiver indien made in Écrins
Pour profiter d’un regel optimal et éviter la neige transformée à la montée, mieux vaut chausser tôt et les couteaux sont obligatoires. On ne va pas se mentir, voir le jour se lever sur la crête aiguisée de Roche Méane, ou le contour des deux pics emblématiques des Agneaux illuminés par les premières lueurs, décuple les émotions. Un instant fugace, précieux, qui laisse une sensation unique de privilège. Au sommet, la magie opère toujours. Peu importe le nombre de sorties, le spectacle des géants blancs à perte de vue reste saisissant.
Peaux rangées, skis aux pieds, la descente sur cette neige parfaitement décaillée promet des courbes aussi fluides que grisantes. Dans les Écrins, il y en a pour tous les goûts, même si les itinéraires exposés tel que le tour de la Meije ou le couloir de Roche Faurio sont connus comme le loup blanc, d’autres plus confidentiels valent le détour. Point bonus : pas besoin d’avoir la condition physique de Benjamin Védrines pour se faire plaisir. Depuis les refuges de Chamoissière et de l’Alpe de Villar d’Arène, plusieurs itinéraires sont accessibles comme la bosse de Chamoissière (+400m) ou la brèche Clothilde en aller-retour (+900m) pour une vue panoramique sur le cirque d’Arsine. La montée et la nuit en refuge à Adèle Planchard (+1200m) ou au Pavé (+850m) seront les portes d’entrées d’une expérience en haute-montagne.
au plus haut de la recherche
Dans ces refuges isolés, les gardiens jonglent avec les contraintes météorologiques, énergétiques et écologiques pour assurer le confort des randonneurs de passage. Ici, tout est pensé et optimisé pour s’adapter à l’environnement, et non l’inverse. L’objectif ? Tendre vers l’autosuffisance.
Qu’ils soient privés, gérés par la FFCAM ou la Société des Touristes du Dauphiné (STD), les refuges œuvrent pour un accueil dans les meilleures conditions. Dans cette optique, les refuges de Chamoissière et de l’Alpe de Villar d’Arène ont mis en service une nouvelle installation hydroélectrique cet automne. Le refuge Adèle Planchard fait peau neuve avec des grands travaux de rénovation du bâtiment afin de moderniser les installations, d’améliorer l’isolation et d’intégrer l’énergie solaire.
Les refuges sont de véritables laboratoires d’expérimentation en matière d’énergie, d’organisation sociale et de transition alimentaire… avec toute l’humilité et les limites qui sont les nôtres !
Avec ce gain de bien-être, les possibilités s’élargissent : explorer, se reposer, s’adapter aux envies du moment et aux caprices de la neige et de la météo, tout en profitant du luxe d’être en pleine montagne, loin de la foule. Car oui, les Écrins se méritent, mais leurs paysages et l’atmosphère unique de la haute montagne valent le coup de mouiller le maillot.
Et quoi de mieux que de savourer pleinement sa journée en sachant que la soirée sera douce et réconfortante ?
Après l’effort, le plaisir est décuplé : la soupe paraît encore meilleure dans la chaleur accueillante du refuge en troquant ses chaussures de ski pour des crocs moelleuses et pour les plus chanceux après une douche !
Affranchi des remontées mécaniques et de la foule, découvrez les Écrins dans toute leur splendeur : méconnus, sauvages et à couper le souffle (surtout à la montée).
« La montagne est un environnement dangereux. Le ski de randonnée comporte des risques, et chaque skieur est responsable de sa propre sécurité. Renseignez-vous sur les conditions du terrain et la météo. Partez accompagné pour explorer les endroits reculés en toute sécurité. Apprenez à utiliser votre matériel de secours en avalanche (DVA, pelle, sonde). »
idée d'itinéraire tour de la grande ruine
Besoin d’une idée d’itinérance en ski de randonnée pour le printemps ?
Nous vous proposons le tour de la Grande Ruine, l’un des itinéraires alternatifs du tour de la Meije :
un parcours classé difficile, en quatre jours avec 3 650m de dénivelé positif.
Étape 1
Du hameau d’Arsine aux refuges de Chamoissière et de l’Alpe de Villar d’Arène
400m D+
Départ du parking du gîte Le Pas de l’Âne en milieu d’après-midi pour monter rejoindre l’Alpe de Villar d’Arène et ses refuges pour y passer la nuit. Au printemps, le début de l’aventure peut parfois se faire à pied avant de retrouver la neige, chausser les skis et enchaîner les conversions en direction du cocon des refuges pour le repas et la nuit, à 2 400 mètres d’altitude.
Étape 2
De Chamoissière jusqu’au refuge d’Adèle Planchard
1 200m D+
Du refuge, on part de bon matin. Dehors, il fait grand beau et la montée promet d’être bien ensoleillée et chaude : il ne faudra pas traîner.
Pour récupérer l’itinéraire hivernal, un loooooong plat nous attend, avec une bifurcation vers les Sources de la Romanche. Pour entamer les 1 000 mètres de dénivelé positif qu’il reste, on tourne à droite au niveau de la moraine. Le suspense est à son comble, car le refuge ne se dévoilera que sur la fin, perché sur son arête à 3 169 mètres d’altitude.
Étape 3
Du refuge d’Adèle Planchard au refuge du Promontoire
en passant par le glacier supérieur des Agneaux et la Casse Déserte
1 200m D+
On repart sur les skis après une bonne nuit au chaud et un bon petit-déjeuner sucré-salé. Dehors, il neigeotte, on ne voit pas très loin mais étant accompagné de deux guides de haute montagne qui connaissent l’itinéraire, on prend la direction du col des Neiges. Crampons aux pieds et skis sur le dos, on s’aventure sur l’arête pour passer les quelques passages rocailleux.
Après une courte désescalade, on rechausse les skis pour rejoindre le pied d’un couloir et arriver au col de la Casse Déserte. La descente vers le vallon des Étançons est longue, avec de la neige changeante, mais un peu de descente ne fait jamais de mal.
Depuis le bas, il nous faut remettre les peaux pour rallier le refuge perché du Promontoire. Une bonne heure et demie plus tard, on passe le pas de la porte. Le coucher de soleil et la mer de nuage nous félicitent par leur beauté !
Étape 4
Objectif col du Pavé
850m D+
Du refuge du Promontoire, cap vers le col du Pavé à 3554 m d’altitude ! On chausse les skis alors que le soleil pointe tout juste le bout de son nez sur le grand Pic de la Meije. Les couteaux deviennent nos meilleurs amis sur cette neige gelée.
On met ensuite les crampons pour plus de sécurité, la neige dure ne permettant plus d’évoluer uniquement à skis. Le col n’est plus très loin et nous offre une vue mémorable sur les Écrins du Sud et sur la face sud de la Meije !
Au col, on bascule au refuge du Pavé pour un déjeuners bien mérité. Les grandes baies vitrées nous régalent autant que le menu avec une vue sur la Grande Ruine et Roche Méane.
Après quelques virages en neige de printemps, il est l’heure de reprendre le chemin de la voiture … et de la civilation (à notre plus grand regret!).